jeudi 31 octobre 2013

En parler ?

Papa souhaite qu'on ne parle à personne, y compris à la famille, des résultats du test de Petit Gars. Je me plie un peu à son souhait mais sans grande conviction. C'est à mon initiative que nous avions fait les démarches de ce bilan. J'étais vraiment trop décontenancée par son comportement, sans ressources, sans aide. Maintenant que j'ai le compte-rendu sous les yeux, je ne peux en parler à personne. Je ne veux pas aller crier sur les toits "hey mon fils est super intelligent" non plus mais comment avoir des conseils si je ne peux parler à personne !? Je me suis rapprochée d'une association, c'est déjà un soulagement que de voir que je ne suis pas seule. Tous les a priori sur le sujet sont une entrave pour réussir à sortir de là. Je comprend et connais ces a priori pour les avoir moi-même partagés jusqu'à l'année dernière.

J'avoue que régulièrement je vends un bout de la mèche par-ci par-là, pour recueillir quelques infos. Quand j'apprends qu'untel a dû emmener son enfant chez un psy scolaire pour un éventuel TDAH, je l'interroge, je glisse quelques infos jusqu'à savoir le diagnostic.

J'ai une amie ou deux à qui j'ai donné plus de précisions sur mon cas. Je ne sais pas si j'ai bien fait. Les conseils que j'ai des "profanes" sont quasiment toujours les mêmes conseils inapplicables dans mon cas. Et les conversations finissent pour l'instant toujours par "je suis bien content que mes enfants soient normaux". Il doit y avoir quelque chose de défaitiste dans ma manière de présenter ma situation actuelle. Mais c'est vrai que j'ai du mal à en voir le positif aujourd'hui.

Quand je pense à mon fils, à l'enfant que je projettais quand j'étais enceinte, il correspond exactement à ce que j'imaginais, y compris son éveil, son humour, sa sensibilité, mais pas la partie de son comportement que je ne comprend pas. Le côté obscur de la précocité en quelque sorte.

mardi 29 octobre 2013

L'entourage

Certains ne peuvent s'empécher de comparer le développement de leurs enfants aux autres. Alors d'avoir un petit zèbre dans leur entourage peut provoquer des situations génantes, tant pour eux que pour l'autre.

Suite aux tests de Petit Gars, Papa et moi avons décidé de ne pas divulguer son état à notre famille et à nos amis. Petit Gars étant l'enfant le plus âgé dans un de nos cercles de relations, il sert régulièrement de référence aux autres parents (mal leur en a pris). Forcément ils ont l'impression que leur progéniture est en retard, se désespèrent, et parfois nous lancent des petites remarques plutôt désobligeantes, pour rabaisser Petit Gars et se rassurer. Récemment, on eu droit à "non, mais c'est bon quoi, ton Petit Gars il est pas "surdoué" non plus hein, ahahah". J'hésite entre l'envie de rentrer dans le lard ou celle de rire intérieurement de la bêtise de cette remarque. En même temps, il y a peu, pour moi, le mot surdoué était synonyme de génie à l'instar de Vinci, et utilisé dans le langage courant plus comme une insulte que comme un qualificatif neutre.

lundi 28 octobre 2013

Pourquoi ce blog ?

Cela fait quelques années que je m'occupe uniquement de mes enfants. Comme toute perfectionniste consciencieuse et monomaniaque, je me suis plongée corps et âme dans la maternité. Je vis à 100% pour mes enfants. Mes activités, mes lectures, mon emploi du temps, les gens que je rencontre, mes pensées, même ma manière de m'occuper de moi sont tournés vers mes enfants.

Malgré ça, mon ainé, que nous appellerons Petit Gars, a développé rapidement certains traits de comportement dont je ne comprenais absolument pas la logique. Mes lectures, mes recherches, mes rencontres avec certains professionnels de la petite enfance n'ont pas répondu à mes questions et son comportement a continué à s'amplifier. De guerre lasse et sous l'inspiration d'un ami "dans le milieu", Petit Gars, alors âgé de 2 ans et 11 mois, et moi avons poussé la porte d'une psychologue spécialisée dans la précocité intellectuelle. Après plusieurs entretiens, un test d'une heure et demi et un gros chèque, le verdict est tombé.
Dysynchronie avec suspicion de précocité provoquant un mal-être psychique important.

Je me suis alors penchée sur la question de la précocité chez l'enfant, chez l'adulte, dans l'éducation ... par tous les biais possibles (sites internet, forum, livres, association, rencontre de professionnels et de parents, et j'en passe). Forcément, Petit Gars en étant, Papa et Maman se posent des questions sur eux-même, sur Fifille qui vient d'arriver dans le foyer et sur leurs familles. Une grosse remise en question du passé, qui prend une toute autre lumière. La détection de Petit gars est encore très récente, il me reste beaucoup de choses à comprendre sur son état pour que notre quotidien puisse enfin s'en ressentir. La connaissance ne change pas non plus tout du jour au lendemain.

Suite à la scolarisation de Petit Gars j'ai rencontré ses instit' pour parler de lui. Ce fut un choc alors pour moi de réaliser que les instit' s'inquiétaient plus de mon état de découragement que des capacités d'adaptation de Petit Gars. Comme il fallait s'y attendre, je me suis rendue compte que j'étais en plein burn out maternel.  De m'être consacré avec autant de passion à l'éducation de Petit Gars, et maintenant de Fifille, j'en ai oublié d'exister. Ca a commencé à peser lourd dans la balance de l'équilibre familial. J'avais des valeurs, des principes d'éducation, d'hygiène, et chaque instant ils volent en éclat. Je suis Sisyphe au foyer.

Donc ce journal, sera mon moyen de mettre à plat tous mes questionnements quant à la zébritude, de raconter des anecdotes sur mon Petit Gars, de me livrer. De raconter mon voyage sur le chemin sinueux vers le bonheur.